L’économie mondiale est entrée dans une zone de turbulence. Et dans le climat actuel où règnent tension et tourmente, le bruit de la tempête couvre facilement l’annonce de bonnes nouvelles et autres perspectives positives comme l’économie propre.
Mise en contexte : En 2024, les investissements mondiaux dans la transition énergétique s’élevaient à la somme record de presque trois billions de dollars canadiens. Au cours des quatre dernières années, ces investissements ont continué à augmenter à raison d’un solide 22 pour cent par année et, depuis 2024 sont deux fois plus importants que les investissements dans le pétrole et le gaz. Le marché des technologies propres affiche une belle croissance en raison de la baisse continue des coûts liés aux technologies et d’une demande grandissante. Cette dernière est d’autant plus stimulée par un intérêt accru pour la sécurité énergétique et la mouvance des relations commerciales internationales.
L’avenir s’annonce brillant pour la transition énergétique, surtout pour ce qui a trait à l’énergie solaire. Le coût de l’énergie solaire a chuté de 90 pour cent depuis 2010, ce qui a favorisé la croissance et amené l’Agence internationale de l’énergie à la déclarer « la nouvelle reine de l’approvisionnement en électricité. » L’énergie solaire est devenue de loin la plus importante source de nouvelle capacité d’énergie dans le monde, avec une puissance installée de près de 600 gigawatts (GW) en 2024 seulement. (Autrement dit, il a fallu 40 ans au solaire pour générer 1 000 GW et à peine deux pour en générer 2 000.) Des baisses de coûts et des hausses de ventes similaires ont influé sur d’autres technologies propres, dont l’énergie éolienne, les véhicules électriques, les batteries et les pompes à chaleur, sans oublier les minéraux critiques requis d’urgence pour réaliser cette rapide transition énergétique mondiale.
Les principaux moteurs du marché mondial envoient tous un même signal clair : l’économie propre n’en est qu’à ses débuts et on s’attend encore à ce que sa croissance se poursuivre. Le taux d’adoption varie toujours d’un pays à l’autre, mais les possibilités restent notables, y compris pour le Canada qui a déjà beaucoup investi dans sa propre transition. L’économie propre canadienne est bien établie et progresse rapidement, grâce à des investissements qui ont plus que doublé depuis 2020, ce qui a, en 2024, propulsé le pays au huitième rang mondial pour ce qui est des investissements dans les technologies et les infrastructures d’énergie propre. Ceci se traduit par des retombées positives pour les travailleurs, les collectivités et le PIB du Canada. Et ce dernier est doté d’une culture de l’innovation, d’une main-d’œuvre qualifiée, des bases stables sur les plans social et politique, ainsi que des ressources naturelles, de l’énergie propre aux minéraux critiques, de tout ce qu’il faut pour saisir des occasions encore plus grandes durant les années à venir, à mesure que l’énergie propre poursuit sa marche.
Mais pas question de perdre du temps. Bien qu’il puisse inciter à la prudence, le vacarme qui déferle sur les sphères économique, commerciale et géopolitique donne lieu à l’amplification de l’effort planétaire visant la croissance propre. Le commerce n’a jamais été aussi vulnérable depuis la Deuxième Guerre mondiale et les tensions géopolitiques ont poussé des pays à s’engager dans une course à l’approvisionnement énergétique. La plupart des combustibles fossiles dans le monde transitent par trois points de passage obligé vulnérables. Une étude récente du Carlyle Group a révélé que lorsque le commerce est menacé par ce type de réalité, l’énergie propre devient une solution beaucoup plus intéressante que les autres sources énergétiques en raison de la nature décentralisée et localisée de l’énergie renouvelable, qui abonde partout, et d’autres technologies clés.
Voici un autre point crucial qui peut se perdre dans le tumulte de la guerre tarifaire : les 10 principaux partenaires commerciaux du Canada, en excluant les États-Unis, ont mis en place des politiques visant à encourager le recours aux produits à faible teneur en carbone. Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont commencé à appliquer des tarifs douaniers sur les biens riches en carbone. Dans le contexte du nouveau paradigme, seule l’économie propre peut apporter une véritable stabilité et de la valeur à long terme.
Toutes les conditions sont ainsi réunies pour que le Canada attire des investissements, dynamise son économie propre et construise pour le présent et l’avenir. En faisant une priorité des minéraux critiques, des projets d’énergie propre et de l’expansion ainsi que de l’interconnexion des réseaux électriques d’un océan à l’autre, le Canada peut attirer une plus grande part des billions de dollars qui affluent vers l’économie propre et rendre sa propre économie plus productive. Les investissements effectués dans ces secteurs peuvent se traduire par des opérations industrielles traditionnelles plus écoénergétiques et rentables, de nouveaux emplois, une production plus importante de biens fabriqués au Canada, un bouquet énergétique plus diversifié et de nouveaux débouchés commerciaux.
Le Canada dispose naturellement de plusieurs avantages dans l’économie propre, dont d’abondantes ressources en électricité propre et des réserves inexploitées de minéraux critiques. Des investissements stratégiques dans la fabrication de véhicules électriques et de batteries ont été faits, divers secteurs utilisent des technologies propres dans leurs activités quotidiennes et la participation des Autochtones dans les capitaux propres dans le cadre de projets d’énergie propre font progresser la réconciliation avec les peuples autochtones.
Le Canada se voit offrir l’occasion rare d’ouvrir la voie vers un avenir plus propre et brillant pour lui-même et le reste du monde. Il doit la saisir sans attendre.