Cinq signes que l’économie propre n’est pas qu’une tendance

La vague d’investissements dans l’énergie propre qui continue de gonfler depuis dix ans n’est pas près d’atteindre son pic

Assez récemment, des signaux de marché forts et positifs concernant l’économie propre ont vite émergé, mais sont passés inaperçus dans certains milieux en raison du contexte chaotique actuel.

Les voici :

  1. Des investissements mondiaux records de près de trois billions de dollars canadiens dans la transition énergétique en 2024. Parmi les puissants facteurs convergents qui explique ceci, on compte une baisse des coûts de technologie, une demande d’électricité grandissante, la quasi omniprésente disponibilité d’énergie renouvelable et le fait que l’énergie propre puisse réduire des risques tout en réglant des questions liées à la sécurité dans un contexte géopolitique instable.
  2. La préférence marquée des investisseurs pour l’énergie propre. Aussi récemment qu’en 2019, les investissements dans l’énergie propre, le pétrole et le gaz étaient à peu près égaux. Mais depuis, les fonds injectés dans l’énergie propre ont atteint un taux de croissance annuel de plus de 22 pour cent, soit deux fois plus que dans les combustibles fossiles. Ces investissements ont été faits principalement dans le transport électrique (un billion de dollars canadiens), l’énergie renouvelable (997 milliards) et les réseaux électriques (534 milliards), nombre de pays multiplient les projets d’électrification et se fixe d’ambitieux objectifs pour atteindre la carboneutralité. Les investisseurs ont aussi montré une nette préférence pour les technologies établies comme l’énergie renouvelable, le stockage d’énergie et les véhicules électriques. Ces technologies ont attiré des investissements de 2,6 billions de dollars canadiens en 2024, comparativement à 212 milliards dans les technologies émergentes comme celles de l’hydrogène et du captage de carbone.
  3. Un soutien réglementaire appuyé en matière d’énergie propre dans tous les grands pays. Ces dernières années, l’investissement dans l’énergie propre a été d’autant plus favorisé par l’apport du fort soutien d’instruments politiques comme l’Inflation Reduction Act aux États-Unis, le pacte pour une industrie propre et le plan industriel du pacte vert dans l’Union européenne et la politique d’investissement dans les chaînes de fabrication et d’approvisionnement en Chine.
  4. La forte demande d’énergie et la baisse des coûts laissent entrevoir une progression de la transition énergétique. On prévoit que la croissance énergétique des années à venir sera aussi forte que celle qui a marqué les dernières années à un rythme record, et toujours stimulée par une forte demande et une diminution des coûts. La demande mondiale d’électricité, notamment, devrait s’élever à au moins 40 pour cent d’ici 2035, ce qui laisse entrevoir une avancée continue de l’énergie propre. Les énergies solaire et éolienne, piliers des systèmes d’électricité propre de la planète, sont désormais utilisées commercialement après une décennie de baisses des coûts continues et drastiques, et on prévoit que la capacité en matière d’énergie renouvelable des réseaux mondiaux triplera presque d’ici 2030.
  5. Les technologies propres et les ressources nécessaires à la transition énergétique sont aussi touchées par la demande croissante et la baisse des coûts. La demande accrue et la chute continue des coûts ont également touché les véhicules électriques ainsi que les batteries et les minéraux critiques essentiels à leur fabrication. En à peine six ans, la part de marché des véhicules électriques personnels est passée de moins de 3 à 22 pour cent, ce qui représente plus d’un véhicule sur cinq. Quant à lui, le marché mondial des principaux minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique devrait au moins doubler d’ici 2040 pour atteindre de 685 milliards à un billion de dollars canadiens.

Depuis dix ans, les investissements dans l’énergie propre surfent sur une vague de croissance continue qui s’est intensifiée depuis 2020. Tout porte à croire que le pic de cette vague n’est pas près d’être atteint.